Ce que j'écris, ce qui me chiffonne, ce qui m'émeut, ce qui m'énerve, ce qui me fait rêver... a une petite chance d'apparaître ici... poésie, écriture, insolite, astuces, détente
Elle m'a anéanti en sept mots...
Les matins ou tu pars un peu à l'arrache, un peu en vrac, un peu speed, ou tu sors en courant de la voiture pour refermer le portail
...
Ces matins là, y'a des questions auxquelles je pense pas vraiment.
Ces matins là, j'ai pas tout à fait l'esprit disponible pour les questions existentielles, la philosophie, l'avenir de l'homme ou les raisons de ma venue au monde, la taille réelle de l'univers ou la "finitude des choses".
Non.
Je pense plutôt à compter si j'ai pris assez large pour faire demi tour à mi chemin si on a oublié un cartable. Si j'ai bien bouclé la ceinture de la petite. Bien fermé la porte. Pas oublié mon badge. Éteint dans la salle de bain...
Oh ! Je dis pas qu'une fois parti, une fois bien lancé, en traversant la forêt, ou sur le bout d'autoroute qui me mène au boulot, le cerveau en mode pilote-auto, je prends pas le temps d'y penser un peu... Un peu beaucoup
... Surtout les jours ou les infos sont merdiques, à tel point que j'éteins la radio...
Mais jamais entre la maison et l'école. C'est peu propice
.
Et ce matin, une petite voix sur la banquette arrière interpelle :
« Papa ? Ce sera fini la vie après ? »
Je lève les yeux vers le rétroviseur pour croiser son regard. Un silence.
« La vie... de qui ? La vie de quoi ? »
J'essaie de gagner du temps... De masquer l'espèce de panique qui m'envahit devant le peu de temps et de disponibilité que j'ai pour répondre...
« La vie de nous. »
Au troisième enfant, je pensais que Djina et moi on avait mis au point une stratégie face à cette question
Qu'on avait de bons éléments de réponse pour construire par soi même, avec ses propres images et sensations une réponse acceptable. Une temporisation, en attendant que, par l'expérience de la vie, par les contacts avec les légendes, et les religions, puis par les cours de philo ils parviennent à trouver l'idée de la "finitude des choses" plus acceptable, ou du moins supportable.
Ben, t'as beau avoir préparé ta copie pour te blinder un peu, si c'est pas le moment, t'es cuit !
Et déjà, j'aborde le parking de l'école, l'heure avance. Il faut reporter cette discussion.
C'est sûr, même quand elle est belle, la vie est dure !